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The Dynamics of Savings Groups in the
Fight Against Extreme Poverty

IN ENGLISH

EN FRANÇOIS

 

The Dynamics of Savings Groups in the Fight Against Extreme Poverty

By Rachel Nanema

 

Program Manager

 

Poverty is multidimensional, including insufficient income, precarious housing, inadequate healthcare, unfinished education, malnutrition, degraded environment, social marginalization, exclusion, and hopelessness. The cyclical nature of poverty plunges households into hardship that lasts for generations. These households also lack resiliency to shocks. Interventions by Trickle Up aim to end the cycle of extreme poverty for households by promoting resiliency through the Graduation Approach. Our program includes savings groups, or VSLAs (Village Savings and Loans Associations), which have been proven to support productivity and efficiency.

 

VSLAs encourage women to secure and lend their money, developing a culture of saving. Women also acquire entrepreneurial skills through technical training that aids group members in their personal businesses as well as financial transactions within the VSLA.

 

“We know that we can secure our savings by depositing them in this group,” women from the Sougr Nooma group told me.

 

The deposited money is available and accessible anytime in the savings group, so “we no longer have to borrow money or food from the village shopkeeper, where we would risk being denied a loan and are subjected to stereotyping.” For the Sougr Nooma VSLA in Yatenga, Burkina Faso, the group has allowed members to meet their personal financial needs while avoiding stigmatization.

 

The savings group is also catalyst and a repository for the development of each member’s self-esteem and self-confidence. VSLAs cultivate a sense of solidarity, helping members encourage one another both financially and socially. Women gain the confidence to develop dreams for themselves and their families, while gaining the skills and resources to achieve their goals. Long-term feelings of exclusion and marginalization dissipate as women feel they are integral members of society, and their social position is advancing.

 

Data collected from Trickle Up savings groups in Burkina Faso show that the amount women have saved in the group at the end of the year is 2 to 3 times the amount they would have saved on their own.

 

The women of one savings group in Passoré told me at the end of the program that they feel they’ve “passed from darkness to light.” They reflected on their VSLA’s role in this transformation by saying, “Before the savings group we were unknown to the community, but today, our group is a well-regarded social body in the village and we are involved in community activities.”

 

Belonging to a VSLA can help women gain more of a voice in decisions that affect their families. Azera, a member of the Sougr Nooma VSLA, said belonging to a VSLA “has given me better consideration and respect from the members of my family and community. I am now consulted when decisions are made regarding the schooling of my children.”

 

Another member of the Sougr Nooma VSLA, Sarata, values the social support system the VSLA provides, in addition to the financial benefits. “I proudly provided the expenses for my daughter’s wedding. I provided the necessary resources for my daughter and the members of the VSLA helped support me physically in organizing and welcoming the guests,” she told me.

 

Scaling VSLAs for Successful Programs

 

Trickle Up is growing our programs throughout West Africa by working in partnership with the World Bank and five countries to reach 60,000 families living in extreme poverty. A key component of this initiative, the Adaptive Social Protection (ASP) project, is creating VSLAs for participants.

 

VSLAs not only benefit their members, but also significantly support the implementation of social programs for several reasons. The VSLA helps organize participants into small groups, which makes it easier to deliver other components of the program like skills training, awareness building, and coaching. Savings groups help participants build financial literacy skills and prepare them to eventually be able to access the products and services of microfinance networks and banks.

 

In addition, VSLAs facilitate a sense of community ownership of the program because they are founded on the principle of self-management, where members set rules and run meetings without any external oversight. Coaches simply teach the basics and serve as a resource when members encounter difficulties. As the VSLA methodology is quite flexible and adaptable, it is easy to replicate the creation of VSLAs within communities. This characteristic is one of the pathways to scale for the ASP program and other programs hoping to financially engage people living in extreme poverty.

IN ENGLISH

EN FRANÇOIS

 

La dynamique des groupes d'épargne dans la lutte contre l'extrême pauvreté

 

Par Rachel Nanema

Gestionnaire de Programme

 

L’expression de la pauvreté est multidimensionnelle : faiblesse ou absence de revenus, logement précaire, accès insuffisant aux soins de santé et à l'éducation, logements insalubres, exclusion et détresse sociales. La manifestation cyclique de cette pauvreté plonge les ménages dans une situation de reproduction sociale qui se transmet de génération en génération. Ces foyers souffrent également d’un manque de résilience face aux chocs et aux périodes de crises. Les interventions de Trickle Up visent à mettre fin au cercle vicieux de l’extrême pauvreté en renforçant la résilience des ménages à travers l’approche de graduation. Notre programme comprend notamment des groupes d’épargne, aussi appelés AVEC (Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit), qui ont depuis prouvé leur impact et leur efficacité.

 

Les AVEC encouragent les femmes à économiser et à prêter leur argent, développant ainsi une culture de l’épargne. Les femmes acquièrent aussi des compétences entrepreneuriales à travers des formations techniques, qui les aident à la fois pour la gestion de leurs commerces personnels et pour leurs transactions financières au sein des AVEC.

 

« Nous savons maintenant que nous pouvons sécuriser nos économies en les confiant à ce groupe », m’ont raconté des femmes du groupe d’épargne Sougr Nooma.

 

L’argent déposé est disponible et accessible à tout moment dans le groupe d’épargne, afin que « nous ne soyons plus obligées d’emprunter de l’argent ou des vivres au commerçant du village, où nous risquons de nous voir refuser l’emprunt ou d’être stigmatisées ». Ainsi le groupe d’épargne Sougr Nooma du Yatenga au Burkina Faso permet à ses membres de recourir à leurs besoins financiers tout en évitant la stigmatisation.

 

Le groupe d’épargne est aussi un accélérateur du développement personnel de chaque membre, dont la confiance en soi s’améliore progressivement. Les AVEC entretiennent une culture de la solidarité, en incitant les membres à s’encourager les unes les autres, à la fois financièrement et socialement. Les femmes gagnent la confiance en soi nécessaire pour nourrir des projets pour elles-mêmes et pour leurs familles, tout en acquérant les compétences et les ressources nécessaires pour atteindre ces objectifs. Les sentiments d’exclusion et de marginalisation chroniques se dissipent peu à peu pour faire place à un sentiment d’appartenance en tant que membres d'une société à part entière, et leur position sociale s’améliore progressivement.

 

Les données collectées par Trickle Up à partir des groupes d’épargne au Burkina Faso montrent que les économies épargnées au sein du groupe à la fin de l’année sont 2 à 3 fois plus importantes que celles qui auraient été réalisées sans le programme.

 

Des femmes d’un groupe d’épargne au Passoré m’ont raconté à la fin d’un programme qu’elles avaient l’impression d’être « passées de l’obscurité à la lumière ». Elles reviennent ainsi sur le rôle des AVEC dans cette transformation : « Avant le groupe d’épargne nous étions inconnues de la communauté, mais à présent, notre groupe est une entité sociale respectée dans le village et nous sommes inclues dans différentes activités communautaires. »

 

Faire partie d’un AVEC peut aider les femmes à mieux faire entendre leur voix dans les prises de décisions qui affectent leurs familles. Azera, une membre de l’AVEC Sougr Nooma, a dit qu’appartenir au groupe lui a permis d’obtenir « plus de respect et de considération des membres de ma famille et de ma communauté. A présent, on me consulte quand des décisions doivent être prises concernant la scolarisation de mes enfants. »

 

Une autre membre de Sougr Nooma, Sarata, apprécie particulièrement le système de soutien social fourni par l’AVEC, en plus des avantages financiers. « J’ai la fierté d’avoir pu couvrir les frais du mariage de ma fille. J’ai fourni les ressources nécessaires à ma fille et les membres de l’AVEC m’ont aidée avec la logistique de l’organisation et l’accueil des invités », dit-elle.

 

Etendre l’impact des AVEC pour améliorer les programmes

 

Trickle Up étend ses programmes à travers l’Afrique de l’Ouest en travaillant en partenariat avec la Banque mondiale dans cinq pays au Sahel, pour toucher 60 000 familles vivant dans l’extrême pauvreté. Une composante-clé de cette initiative, le programme de Protection Sociale Adaptative (PSA), est justement la création des AVEC pour les participantes.

 

Les AVEC ne bénéficient pas seulement à leurs membres, mais soutiennent grandement l’implémentation des autres programmes sociaux. Les AVEC aident en effet les participantes à s’auto-organiser en petits groupes, ce qui facilite ensuite la distribution des autres composantes du programme à l’instar des formations, de la sensibilisation et du coaching. Les groupes d’épargne aident les participants à se familiariser avec des compétences financières et les préparent à accéder aux produits et aux services des réseaux et des banques de microfinance.

 

Par ailleurs, les AVEC induisent un sentiment d’appartenance et de propriété collective, d'autant plus que le programme est basé sur un principe d’auto-gestion, par lequel les membres seules décident des règles et organisent des réunions sans supervision extérieure. Les coachs leur transmettent seulement des bases, et sont disponibles quand les membres rencontrent des difficultés. Comme la méthodologie des AVEC est relativement flexible et adaptable, il est facile de reproduire la création d’AVEC dans les communautés. Cette spécificité est l’une des pistes pour étendre le système des AVEC dans les programmes ASP ou encore d’autres projets, pour aider au redressement financier des personnes vivant dans l’extrême pauvreté.